Pourquoi cherche-t-on à se reconvertir ?

Andy Warhol déclarait « On dit que le temps change les choses, mais, le temps ne fait que passer et nous devons changer les choses nous-même. » Voilà des propos qui pourraient inspirer les salariés qui rêvent de changer d’emploi, de secteur… de vie.
Pour certains, la crise sanitaire actuelle cristallise les peurs et renforce leur besoin de sécurité et de permanence. Pour d’autres, la pandémie joue un rôle de booster, et les convainc d’opérer un changement de carrière, pour concrétiser un rêve et échapper à cette réalité pesante.

Une personne sur deux aurait envisagé une reconversion en 2020
Selon une enquête menée en juin 2020, par l’Institut BVA, près d’une personne sur deux aurait déjà envisagé, initié ou concrétisé une reconversion professionnelle. Et comme le disent les agents boursier : « la tendance aujourd’hui est encore à la hausse ».
Mais d’où vient ce vif désir de renouveau ? L’enquête révélait que 58% auraient déclaré avoir besoin de donner du sens à leur travail et 31% y ont songé pour des contraintes personnelles.

Changer, mais pourquoi ?
Les motifs qui poussent les français à envisager de quitter leur emploi pour un nouveau job, une nouvelle aventure professionnelle, une reconversion radicale… ne manquent pas.

Pour fuir l’ennui !
Le surbooking pèse sur de nombreux salariés, pourtant l’ennui au travail figure en bonne place des arguments qui donnent envie de quitter un emploi. Les causes de cet ennui qui s’installe sont diverses : il peut s’agir d’un manque d’activité passager ou permanent de l’entreprise, ou d’un secteur de l’entreprise qui n’est pas jugé stratégique. C’est parfois un moyen de pousser des salariés à la démission. L’érosion du temps entraîne un sentiment de lassitude quand on occupe un poste depuis trop longtemps sans perspective d’évolution. Même si certains s’en accommodent, il est souvent complexe de faire face et trouver un moyen de s’occuper. La solution la plus radicale est de changer de job. L’ennui peut aussi gagner une certaine catégorie de salariés, ceux qui n’arrivent pas à s’intégrer dans des schémas classiques et finissent par s’ennuyer, s’isoler. La solution pour vaincre cet ennui, c’est de s’orienter vers des employeurs qui recherchent des candidats qu’on qualifie de profil atypique.  

Pour retrouver ses valeurs
La plupart des salariés, des employés apprécient d’avoir des valeurs personnelles en adéquation avec les valeurs de l’entreprise, qu’il s’agisse de respect humain, de respect de l’environnement, de principes, de tolérance, d’éthique, de parité homme-femme, de non-discrimination raciale ou sociale… Il est fréquent que lorsqu’on se fait recruter par une société, on néglige cet aspect au profit d’éléments plus tangibles, plus fonctionnels, plus matériels.

Toutes ces valeurs, bien qu’impalpables, peuvent difficilement être bafouées dans le cadre de l’entreprise. Elles incarnent animent les individus, influencent les relations, les comportements, le style de vie de chacun. Quand l’entreprise bafoue ou néglige leurs valeurs personnelles et sociales, certains employés peinent à s’investir, à participer, à incarner la marque. Cette dichotomie peut générer un malaise, une démotivation et parfois à une démission. C’est un point que certains employés négligent lors de leur embauche. Ces questions de valeurs, d’éthiques sont, désormais, de plus en plus intégrées dans la politique RH des sociétés.

Pour réapprendre, redécouvrir, corriger une erreur d’orientation
Après plusieurs années passées au même poste, dans la même entreprise, de nombreux s’inscrivent dans une forme de routine, qui entraine une démotivation. Ils ont alors la sensation d’avoir fait le tour du métier, du moins au sein leur entreprise. Ils entrent dans une boucle de démotivation qui les rend souvent moins performant, une évolution qui peut créer des tensions avec ses collaborateurs et l’encadrement.

Ce désengagement peut constituer une opportunité, celle de se lancer dans un emploi très différent, de concrétiser un rêve remontant à l’enfance ou de tenter une nouvelle orientation professionnelle, de se former pour un nouveau métier, pour une nouvelle activité qui a eu le temps de germer.

N’oublions pas que l’être humain est fait pour apprendre, et pas seulement lorsqu’il est sur les bancs de l’école. Un proverbe japonais résume très bien cet enjeu : “On commence à vieillir quand on finit d’apprendre.” Un nouvel emploi c’est une opportunité professionnelle, c’est une chance, celle de continuer à apprendre, à découvrir, à se remettre en question et éviter de s’ennuyer.

Eviter la surcharge de travail
Si pour certains, c’est l’ennui qui sclérose leur vie professionnelle, pour d’autres, c’est la surcharge de travail qui vient compromettre tout ce qui peut motiver chaque salarié à avancer, à se perfectionner et à s’épanouir. Cette surcharge peut être le fait de certaines pratiques de management, de pressions exercées par la direction. Pour d’autres, il peut s’agir d’une pression qu’ils s’imposent à eux-mêmes au point d’aboutir dans le pire des cas au fameux burnout. Changer de métier, changer d’entreprise, de secteur peut permettre de reconsidérer son engagement, son investissement personnel, afin de faire baisser la tension, le stress au quotidien.

(Re)gagner son indépendance
Freelance, auto-entrepreneur, commerçant, artisan, startuper … les statuts ne manquent pour ceux qui souhaitent abandonner définitivement ou provisoirement le salariat. Les structures d’accompagnement sont nombreuses, qu’il s’agisse de coopératives d’entreprises, de portage salarial (pour une transition plus progressive), couveuse d’entreprises. Même en cas d’échec, l’aventure entrepreneuriale peut être très riche d’enseignements et permettre de reconsidérer ses attentes en tant que salarié.

Améliorer sa rémunération
Le choix d’un changement de profession ou d’entreprise peut être guidé par le désir ou la nécessité de réévaluer à la hausse ses prétentions salariales ou de bénéficier d’avantages divers (voiture de fonction, stocks options, intéressement…)

S’accorder plus de temps…
Certains font le choix de s’orienter vers des entreprises et des postes qui leur permettront de s’accorder plus de temps pour eux, pour leurs proches, leurs enfants… C’est souvent l’occasion de reconsidérer la répartition entre travail et vie personnelle. C’est une tendance qui tend à prendre une certaine ampleur.

Envisager le monde du travail autrement
Donner du sens à son travail, envisager le management en mode participatif, choisir ses priorités sociétales, environnementales, conjuguer performance et bien-être, voilà quelque unes des valeurs qui sont de plus en plus précieuses pour les générations actuelles et futures des salariés. Ces valeurs justifient pleinement de vouloir se reconvertir.